Signes de vie Avril 2021

Edito

Le 4è dimanche du Carême, nous avons entendu cette phrase de l’Évangile selon St Jean : « Dieu a tant aimé le monde … ». Cette phrase peut paraître incongrue quand nous voyons les maladies nous atteindre comme le cancer, la Covid, et la mort ! Et nous perdons espoir en la vie, en Dieu. Le récit de la Passion nous rappelle que Jésus lui-même a exprimé ce ressenti : « Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Puis, il a lâché prise tout en gardant confiance : « Père, je remets mon esprit entre tes mains. » Et il meurt … Et il ressuscite !

Cette Passion de Dieu nous montre à quel point il nous aime, jusqu’à donner son fils unique. L’amour de Dieu est un amour qui se donne tout entier, qui va jusqu’au bout, jusqu’à donner sa vie. Mais, c’est aussi un amour qui fait vivre : Jésus est ressuscité. Dans l’Évangile, il y a un passage où Jésus dit à une petite fille promise à la mort : « Tu vivras. » Autrement dit, tu t’épanouiras comme la fleur des champs. Et Jésus lui redonne vie. L’amour de Dieu est plus fort que la mort, autrement dit il fait vivre. Comme le soleil et l’eau sont vitaux pour les plantes, de même l’amour de Dieu est vital pour l’homme. Il fait vivre. Et croire en cet amour fait vivre éternellement. C’est un aspect de la foi chrétienne.

Et vivre sa foi, est-ce seulement aller tous les dimanches à la messe où nous faisons mémoire de la mort et de la résurrection du Christ ? N’est-ce pas aussi s’engager à aimer et donc, à donner la vie à notre tour ? Par leur amour, les époux ne donnent-ils pas la vie ! Et durant cette pandémie, tous ces gestes de solidarité, d’amour, ne sont-ils pas des gestes qui font vivre ? N’est-ce pas l’amour qui fait naître et renaître ! Et prendre soin des corps, n’est-ce pas aussi prendre soin du Corps du Christ que représentent nos frères et sœurs humains ? Toute cette fraternité partagée, n’est-ce pas aussi communier au Corps du Christ ? Tous ces gestes d’amour, ne font-ils pas advenir le Règne de Dieu ?

M. le curé Michel

Attribué à Albert Einstein : une lettre à sa fille Lieserl

L’Amour est la seule et la dernière réponse !

« Lorsque j’ai proposé la théorie de la relativité, très peu m’ont compris, et ce que je vais te révéler maintenant à transmettre au monde va aussi choquer les préjudices et les malentendus. Il y a une force extrêmement puissante pour laquelle jusqu’à présent, la science n’a pas trouvé d’explication. C’est une force qui comprend et régit toutes les autres et est même derrière tout phénomène opérant dans l’univers et que nous n’avons pas encore identifiée. Cette force universelle s’appelle l’Amour.

Lorsque les scientifiques étaient à la recherche d’une théorie unifiée de l’univers, ils ont oublié la plus invisible et la plus puissante des forces. L’Amour est Lumière, il illumine ceux qui donnent et reçoivent cet amour. L’Amour est gravité, car il rend certaines personnes attirées l’une par l’autre. L’Amour est la puissance, car il démultiplie la meilleure chose que nous ayons et permet que l’humanité ne s’éteigne pas dans son égoïsme aveugle. L’Amour révèle et se révèle. Pour l’Amour, on vit et on meurt. L’Amour est Dieu, et Dieu est Amour.

Cette force explique tout et donne son sens premier à la vie. Il s’agit de la variable que nous avons ignoré pendant trop longtemps, peut-être parce que l’Amour nous fait peur, puisque c’est la seule énergie de l’univers que l’homme n’a pas appris à gérer à sa guise. Pour donner une visibilité à l’Amour, j’ai fait une simple substitution dans mon équation célèbre. Si, au lieu de E = mc², nous acceptons qu’il peut être obtenu par l’énergie le pouvoir de guérir le monde à travers l’Amour multiplié par la vitesse de la lumière au carré, nous arrivons à la conclusion que l’Amour est la force la plus puissante qui existe, car il n’a pas de limites.

Après l’échec de l’humanité dans l’utilisation et le contrôle des autres forces de l’univers, qui se sont retournées contre nous, il est urgent que nous nous nourrissions d’un autre type d’énergie. Si nous voulons que notre espèce survive, si nous voulons trouver un sens à la vie, si nous voulons sauver le monde et chaque être sensible dans la vie, l’Amour est la seule et la dernière réponse. Peut-être nous ne sommes pas encore prêts à fabriquer une « bombe d’Amour », un dispositif assez puissant pour détruire toute la haine, l’égoïsme et la cupidité qui affligent la planète. Cependant, chaque individu porte à l’intérieur un petit mais puissant générateur d’Amour dont l’énergie est en attente d’être libérée.

Lorsque nous apprenons à donner et à recevoir cette Énergie universelle, chère Lieserl, nous pouvons vérifier la puissance de cette formule. Car l’Amour est toujours vainqueur, il transcende tout et peut tout faire, parce que l’Amour est la quintessence de la vie.

Je regrette profondément de ne pas avoir pu exprimer ce qui est dans mon cœur, qui a palpité calmement pour toi toute ma vie. Il est peut-être trop tard pour demander pardon, mais comme le temps est relatif, j’ai besoin de te dire : je t’aime et grâce à toi, je suis arrivé à la réponse ultime.

Ton père : Albert Einstein ».

La lumière de la Résurrection plus forte que les ténèbres de la mort !

« Pierre entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là, et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place. »

Leur découverte se résume à cela : le tombeau vide et les linges restés sur place ; mais quand Jean entre à son tour, le texte dit : « C’est alors qu’entra l’autre disciple, celui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit et il crut. » Pour Saint Jean, ces linges sont des pièces à conviction : ils prouvent la Résurrection ; au moment même de l’exécution du Christ, et encore bien longtemps après, les adversaires des Chrétiens ont répandu le bruit que les disciples de Jésus avaient tout simplement subtilisé son corps. Saint Jean répond : « Si on avait pris le corps, on aurait pris les linges aussi ! Et s’il était encore mort, s’il s’agissait d’un cadavre, on n’aurait évidemment pas enlevé les linges qui le recouvraient »

Ces linges sont la preuve que Jésus est désormais libéré de la mort : ces deux linges qui l’enserraient symbolisaient la passivité de la mort. Devant ces deux linges abandonnés, désormais inutiles, Jean vit et il crut. Il a tout de suite compris.

« Il vit et il crut ». Jusque-là, les disciples n’avaient pas vu que, d’après l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts. C’est parce que Jean a cru que l’Écriture s’est éclairée pour lui : jusqu’ici combien de choses de l’Écriture lui étaient demeurées obscures ; mais parce que tout d’un coup il donne sa foi, sans hésiter, alors tout devient clair : il relit l’Écriture autrement et elle lui devient lumineuse.

L’expression « il fallait » dit cette évidence. Comme disait saint Anselme, il ne faut pas comprendre pour croire, il faut croire pour comprendre.

À notre tour, nous n’aurons jamais d’autre preuve de la Résurrection du Christ que ce tombeau vide… Dans les jours qui suivent, il y a eu les apparitions du Ressuscité. Mais aucune de ces preuves n’est vraiment contraignante… Notre foi devra toujours se donner sans autre preuve que le témoignage des communautés chrétiennes qui l’ont maintenue jusqu’à nous. Mais si nous n’avons pas de preuves, nous pouvons vérifier les effets de la Résurrection : la transformation profonde des êtres et des communautés qui se laissent habiter par l’Esprit, comme dit Paul, est la plus belle preuve que Jésus est bien vivant !

Jusqu’à cette expérience du tombeau vide, les disciples ne s’attendaient pas à la Résurrection de Jésus. Ils l’avaient vu mort, tout était donc fini… et, pourtant, ils ont quand même trouvé la force de courir jusqu’au tombeau… À nous désormais de trouver la force de lire dans nos vies et dans la vie du monde tous les signes de la Résurrection. L’Esprit nous a été donné pour cela. Désormais chaque « premier jour de la semaine », nous courons, avec nos frères, à la rencontre mystérieuse du Ressuscité.

C’est Marie-Madeleine qui a assisté la première à l’aube de l’humanité nouvelle ! Marie-Madeleine la pécheresse… elle est l’image de l’humanité tout entière qui découvre son Sauveur. Mais, visiblement, elle n’a pas compris tout de suite ce qui se passait : là aussi, elle est bien l’image de l’humanité !
Et bien qu’elle n’ait pas tout compris, elle est quand même partie annoncer la nouvelle aux apôtres et c’est parce qu’elle a osé le faire, que Pierre et Jean ont couru vers le tombeau et que leurs yeux se sont ouverts. À notre tour, n’attendons pas d’avoir tout compris pour oser inviter le monde à la rencontre du Christ ressuscité.

Extraits de l’intelligence des Écritures, Marie-Noëlle Thabut

Pas le temps

Si le nageur relève la tête, c’est pour reprendre souffle.
Si l’automobiliste s’immobilise devant le poste à essence, c’est pour faire le plein.
Si tu t’arrêtes, c’est pour prendre conscience de toi et
rassembler toutes tes puissances, les ordonner, et les diriger afin de t’engager dans la vie.
Accepter de s’arrêter, c’est accepter de se regarder.
Et accepter de se regarder, c’est déjà s’engager.
Car s’engager, c’est faire pénétrer l’esprit à l’intérieur de sa maison.
Tu ne te reconnaîtras et ne te comprendras pleinement que dans la lumière de Dieu. Tu n’agiras efficacement qu’en union avec l’action de Dieu.
Quand tu te donnes rendez-vous à toi-même, donne en même temps rendez-vous au Seigneur. 

Michel Quoist